Vous vous regardez, il t'interpelle. Vous commencez à parler, tu sais très bien que tu vas le détester. Encore un dragueur sans intérêts. Pourtant tu reste là, en face de lui. Ton regard est plongé dans le sien. Il te parle, tu ne veux pas le croire, mais c'est plus fort que toi.
Tu ne bouge pas.
Tout chez lui te répugne, ses mensonges, son regard glacé. Tu sais que tu finiras par partir, mais pas maintenant. Tu n'a pas l'habitude de t'intéresser aux autres, pourtant lui tu l'écoute. Il te dit qu'il va devoir partir. Finalement tu trouve ça dommage. Dans un sens son regard te plaisait. Ses yeux posés sur toi te faisaient te sentir belle.
Et puis, les jours passent et tu le recroises. Dans l'escalier vous discutez parfois. Dans l'ascenseur aussi, et ça devient intéressant. Dans une cabine étroite bardée de miroirs, il n'y a aucun échappatoire, il te pose des questions, quelquefois un brin indiscrètes. Tu rougis en en entendant certaines, mais tu réponds toujours, sincèrement.
Au fur et à mesure, tu commences à trouver les trajets en ascenseur trop courts, vos entrevues dans les étages trop brefs et tu as envie de le voir plus, d'en apprendre plus et qu'il prenne le temps de t'aborder vraiment. Tu ne veux plus te contenter de le croiser, tu veux l'avoir rien que pour toi, au moins le temps d'un café ou peu importe quoi.
Tous les jours, tu fais de ton mieux pour l'apercevoir, ton timing -non, VOTRE timing- est réglé au millième de secondes près. Vous ne voulez rien perdre.
Un jour on frappe à ta porte. Tu vas ouvrir. C'est lui qui à frappé, il rentre chez toi sans que tu ne l'y ai invité. Soudain il te plaque au mur et t'embrasse. Surprise tu te débats et tu lui cri de partir. Il le fait. Tu t'en veux pendant un moment. Puis finalement tu te dis que c'est sa faute. Il n'avait qu'à pas faire ça.
Pendant deux jours tu l'évites. Tu ne le vois plus. Tu en viens à te demander s'il n'a pas quitté la ville. Peut-être qu'il a disparu pour de bon...
Un soir tu ne tiens plus, tu vas frapper à sa porte. En larmes, et cette fois si c'est toi qui l'embrasse, et cette fois c'est lui qui te repousse. Furieuse tu sors en courant de l'immeuble. Il ne te suit même pas. Tu aurais du faire attention avant de traverser, tu n'a pas vu ce camion arriver. Après tout c'est peut-être mieux pour lui et pour toi.
Maintenant dans un dernier souffle tu l'appelle. Tu aurais préféré dire autre chose que son nom. Pourquoi ta dernière pensée va-t-elle vers lui ? Après tout il t'a fais souffrir. Tu es maintenant pratiquement morte à cause de lui. Tu le savais depuis le début. Que tu allais le détester.
Tu entends vaguement des sirènes, tu vois des lumières mais pourtant tout te parait sombre. On t'appelle, tu ne réagis pas. Ou plutôt tu ne veux pas réagir. C'est mieux comme ça et tu le sais. Tu te sens seule. Et tu l'as toujours dit. Plutôt mourir que de rester seule.
Tout vas se finir comme ça. Tu te demande s'il s'en veut. Tu te laisse aller, tu ne dit plus à ton corps quoi faire. Il s'emballe. Ton c½ur s'emballe. Comme quand tu étais avec lui. Et voila tu repense à lui. Tu à l'impression de t'enfoncer toit même un couteau dans le ventre. Tu t'en veux. Après tout, c'est peut-être de ta faute tout ça. Si tu l'avais repoussé dès le début tu ne serais pas là allongée par terre. Dans le froid. Tu pleures mais rien ne coule de tes yeux. Tu décides d'en finir là. Ton c½ur va s'arrêter. Maintenant c'est fini pour de bon. Ca y'est, tu es libre. Non enfaite.
Tu es morte.



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